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Dans les villes grises / In the grey cities

  • Refuges supplémentaires

    FRANÇAIS

    J'ai un grand et vieil appartement avec un nombre de pièces indéterminé mais élevé ; j'en visite plusieurs, notamment une vaste chambre où j'ai un meuble encombré de vieux jouets, que je compte déplacer (les jouets) plus loin dans la pièce, sur le dessus d'un lit en mezzanine. Je regarde également mes murs, blancs, vides pour la plupart, en me disant que je pourrais y coller plus de meubles, ou des affiches, des photos, etc. Ensuite Emmanuelle (il me semble) arrive et je réalise qu'elle possède une clé de l'appartement que moi je n'ai pas ; elle a dû l'avoir lorsqu'on a emménagé et qu'on s'est réparti les clés, sans faire attention au fait que celle-ci était unique. On réalise que cette clé est celle d'une porte, sur le palier, qui permet d'accéder à une autre partie de l'immeuble, via une pièce décorée comme une salle à manger ou un salon (ancien, vieillot) où je n'ai jamais mis les pieds mais dont Emmanuelle me dit qu'il sert de passage, précisément, aux habitants de l'immeuble, comme une sorte de raccourci. Mais nous réalisons que cette pièce est en fait à nous, fait partie de notre, de mon appartement. Il y a même une autre pièce encore après celle-ci. Je vais encore pouvoir m'étendre, pouvoir vivre encore d'autres vies, d'autres moments, dans ces pièces, j'ai encore des refuges supplémentaires.

    ENGLISH

    I have a large, old apartment with an undetermined but high number of rooms. I walk through several of them, including a spacious bedroom where I have a piece of furniture cluttered with old toys, which I plan to move further into the room, onto the top of a loft bed. I also look at my walls – mostly bare and white – thinking I could fill them with more furniture, or posters, photos, and so on. Then Emmanuelle (I believe it's her) arrives, and I realize she has a key to the apartment that I don't have. She must have gotten it when we first moved in and divided up the keys, not realizing that this one was unique. We figure out that this key opens a door on the landing that leads to another part of the building – through a room decorated like an old-fashioned dining or sitting room, a place I've never stepped foot in but which Emmanuelle says is used by the building's residents as a kind of shortcut. But then we realize that this room actually belongs to us – it's part of our apartment, my apartment. There's even another room beyond it. I’ll be able to expand again, to live other lives, other moments, in these rooms. I have more hidden refuges.

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  • Petite ville endormie / Sleepy little town

    FRANÇAIS

    Pourquoi ai-je une fascination et même une obsession pour les vieilles rues, au petit matin ou au crépuscule ? Pour les petites villes oubliées, délabrées, comme Blâmont, Saint-Mihiel, Plombières  J'aime aussi les vieilles villes agréables et bien conservées dans leur jus, comme Vichy, où une balade dans les rues donne l'impression de faire un voyage dans le temps – mais les villes décrépies, où le passage et l'usure du temps sont bien visibles et tangibles, ont encore quelque chose de plus.

    J'ai toujours eu le fantasme de m'installer dans une nouvelle ville, d'y arriver au petit matin ou au soir, peu importe, mais à la faveur de l'obscurité et du silence. Être un étranger. Un nouvel arrivant – mais dans un nouvel environnement qui ne serait pas agressif ou trépidant. La petite ville endormie est une image de La Ville Natale, toujours synonyme de sommeil, de nuit, de repos, de vie au ralenti. Que signifie alors ce désir ? Celui d'une nouvelle vie ? D'une renaissance ?

    ENGLISH

    Why am I fascinated, even obsessed, by old streets in the early morning or at dusk? By forgotten, dilapidated little towns like Blâmont, Saint-Mihiel, Plombières  I also like old towns that are pleasant and well preserved in their original state, like Vichy, where a stroll through the streets feels like a journey back in time – but decaying towns, where the passage and wear of time are clearly visible and tangible, have something more.

    I've always fantasized about moving to a new town, arriving in the early morning or evening, it doesn't matter, but under cover of darkness and silence. Being a stranger. A newcomer – but in a new environment that is not aggressive or hectic. The sleepy little town is an image of The Hometown, always synonymous with sleep, night, rest, life in slow motion. So what does this desire mean? The desire for a new life? A rebirth?

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  • Est-on à l'intérieur ou à l'extérieur ? / Are we inside or outside ?

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    FRANÇAIS

    Un parking aérien tout-à-fait banal mais qui m'a toujours fasciné, depuis la plus petite enfance. Ouvert aux quatre vent, dotés de fenêtres mais qui n'ont pas de vitres ; est-on à l'intérieur ou à l'extérieur ? Est-ce vraiment un bâtiment ou quelque chose qui en imite la forme ? Ses dimensions sont d'ailleurs étranges, on a l'impression vague et difficile à justifier de se trouver face à un parking aérien miniature, comme une sorte de maquette géante dans laquelle on pourrait se promener - et même se garer. Un pur décor. Pendant longtemps ce parking a accueilli la brocante annuelle de la ville. Dans ce paysage de béton et d'odeurs de vieille huile à moteur, des personnes âgées exposaient leurs meubles anciens, de la vaisselle en faïence, de l'attirail religieux, des bibelots vieillots en tout genre. Il y avait quelque chose de surréaliste, d'anormal et d'attirant, pour l'enfant que j'étais, dans cette juxtaposition ; comme si après une catastrophe totale, la ville entière était venue se réfugier et vivre, avec armes et bagages, dans cet décor de béton rappelant les hauts lieux de la vie moderne.

    ENGLISH

    A completely ordinary parking garage, but one that has always fascinated me, ever since I was a small child. Open to the elements, equipped with windows but no glass; are we inside or outside? Is it really a building or something that imitates its form? Its dimensions are strange, giving the vague and difficult-to-justify impression of being in front of a miniature parking garage, like a giant model that you could walk around in – and even park in. A pure backdrop. For a long time, this parking lot hosted the city's annual flea market. In this landscape of concrete and the smell of old motor oil, elderly people displayed their antique furniture, earthenware dishes, religious paraphernalia, and all kinds of old knickknacks. There was something surreal, abnormal, and appealing to the child I was in this juxtaposition, as if after a total catastrophe, the entire city had come to take refuge and live, with all their belongings, in this concrete setting reminiscent of the high places of modern life.

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  • Univers clos / Closed universe

    FRANÇAIS

    Je monte dans un autocar, pour une destination oubliée. Au bout de quelques minutes, je réalise que je n'ai pas de ticket ; je demande au chauffeur de s'arrêter à la prochaine gare, pour que je puisse régulariser ma situation. Il accepte. Je descends. La gare est sombre, vieille, crasseuse, et nulle part je ne trouve de borne automatique, ni d'ailleurs de guichets. Je m'énerve, parce que le car n'attend que moi, et marche à grandes enjambées dans des couloirs, des halls, des galeries commerciales, à la recherche d'une borne. Je finis dans un bistrot, aussi glauque que tout le reste, et, par une porte, me retrouve dans un couloir étroit, aux murs nus. Des portes mènent à des WC, d'autres, à des réduits minuscules et vides, mais dont je comprends qu'il s'agit de logements. Je veux ressortir, mais toutes les portes mènent à des WC ou des pièces vides, je tourne en rond, l'issue vers le bistrot a disparu.

    ENGLISH

    I get on a coach, heading to a forgotten destination. After a few minutes, I realize I don't have a ticket; I ask the driver to stop at the next station so I can settle the issue. He agrees. I get off. The station is dark, old, grimy, and I can’t find a single ticket machine, nor any counters for that matter. I start getting frustrated, because the coach is waiting only for me, and I stride through corridors, halls, shopping galleries, searching for a machine. I end up in a bar, just as seedy as everything else, and through a door, I find myself in a narrow corridor with bare walls. Some doors lead to toilets, others to tiny, empty closets that I understand to be living quarters. I want to get out, but all the doors lead to toilets or empty rooms – I go in circles, and the exit to the bar has vanished.

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  • 1978

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  • Themroc

    La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense. Alors celle-là qu'on en crève.

    L.-F. Céline

    *

    « Themroc est un film français réalisé par Claude Faraldo, sorti en mars 1973. Il met en scène la plupart des acteurs du Café de la Gare. Les dialogues se limitent à des grognements, des cris ou des hurlements. Malgré l'emploi de ce langage non articulé, les situations et le contexte font que tous les échanges sont parfaitement « intelligibles » et donnent au film un aspect cohérent. Themroc est un ouvrier vivant dans l'appartement d'un immeuble avec sa mère et sa sœur. Il doit se lever tous les matins pour aller pointer et travailler comme peintre en bâtiment. Un jour, en repeignant une fenêtre, il surprend son patron en train de flirter avec sa secrétaire. Alors qu'il est conduit chez le patron, il se révolte et s'enfuit. Il rentre chez lui, mure la porte de son appartement et abat le mur de façade. Ce cette grotte reconstituée, il pousse des hurlements sauvages et nargue les policiers tentant de le déloger. La rébellion gagne bientôt tout l'immeuble. Par la suite, Themroc a des rapports incestueux avec sa sœur, avant de séduire une jeune voisine. Il ne sort de sa tanière avec une échelle de corde que la nuit, pour aller chasser : il tuera notamment un policier qu'il dévorera. Pour reconstruire le mur de façade, les forces de l'ordre font appel à un maçon, mais celui-ci est rapidement acquis à la cause de Themroc. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Themroc

    https://archive.org/details/Themroc

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  • Neige (2004)

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  • Errance (2015) / Wandering (2015)

    FRANÇAIS

    Ces derniers mois je suis retourné plusieurs fois, de jour comme de nuit, sur les lieux de mes études à l'université, de ma vie d'étudiant... Une errance obsessionnelle, triste, angoissée, dans ces lieux de ma jeunesse devenus morts, silencieux, effrayants. Il n'y a littéralement rien à voir là-bas et pourtant j'y retourne encore et encore, avec dégoût, peut-être précisément pour éprouver ce dégoût, pour me convaincre qu'il n'y a plus rien à y voir, pour parvenir à intégrer ce fait une bonne fois, pour faire mon deuil, comme disent les cuistres. Ou peut-être est-ce l'inverse, peut-être ne traîné-je aucune nostalgie d'époques plus vivantes, plus riches en événements et en rencontres ; peut-être reviens-je sur ces lieux pour les voir enfin morts, enfin vides, débarrassés de tout le théâtre poussif que l'on nomme une vie. Dans leur vérité nue, la vérité du néant.

    ENGLISH

    These past months, I’ve returned several times – by day and by night – to the places where I studied, where I lived as a student… An obsessive, sorrowful, anxious wandering through the sites of my youth, now dead, silent, frightening. There is literally nothing to see there, and yet I keep going back, again and again, with a kind of disgust – perhaps precisely to feel that disgust, to convince myself there is truly nothing left to see, to finally take that in, to grieve, as the pedants say.

    Or maybe it’s the opposite. Maybe I don’t carry any nostalgia for livelier times, for days richer in events and encounters; maybe I return to these places to finally see them dead, truly empty, stripped of all the clumsy theater we call a life. To see them in their naked truth – the truth of nothingness.

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  • Grisaille

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  • Voyeur (2)

    FRANÇAIS

    J'habite un tout petit appartement ou studio, mais par un réseau d'escaliers, mon étage communique directement avec tous les autres appartements des étages, et je peux visiter les cuisines, les salons, les chambres. Il n'y a personne dans l'immeuble, tout est dans l'obscurité – je me sens bien, en intrus, en voyeur, en voleur potentiel.

    ENGLISH

    I live in a tiny apartment or studio, but through a network of staircases, my floor connects directly to all the other apartments in the building. I can wander through the kitchens, living rooms, bedrooms. There’s no one in the building – everything is dark. I feel good, like an intruder, a voyeur, a potential thief.

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  • Passager clandestin (2005) / Stowaway (2005)

    FRANÇAIS

    J'attends que quelqu'un entre ou sorte, et me faufile dès que possible entre deux étudiants sans âge, indifférents. Aucun gardien, aucune femme de ménage ne m'arrête ou ne vient exiger tous les trois pas que je justifie ma présence ici. Mais jusqu'au bout je marcherai dans ces couloirs avec le sentiment d'être un resquilleur, un passager clandestin voué à l'expulsion et aux plus sévères poursuites. Une odeur peinture fraîche plane encore dans les couloirs silencieux, comme si l'on avait voulu, avant mon arrivée, masquer ce qui restait à masquer, effacer les traces même les plus misérables du passage ici de quelques personnes que j'ai aimées. Je ne croise personne. J'ai oublié les numéros des chambres. Je ne retrouve pas la cuisine. Je ne suis même pas sûr de l'étage. C'est comme dans ces rêves où je reviens dans l'immeuble où j'ai grandi, mais où tout a changé – la cage d'escalier, la disposition des murs, tout sauf le silence et l'absence de vie.

    ENGLISH

    I wait for someone to enter or leave, and slip in as soon as possible between two ageless, indifferent students. No guard, no cleaning lady stops me or demands, every few steps, that I justify my presence here. But all the way through, I walk these corridors with the feeling of being a gatecrasher, a stowaway doomed to expulsion and the harshest consequences. A smell of fresh paint still lingers in the silent hallways, as if someone had tried, before I arrived, to cover up what needed hiding, to erase even the most miserable traces left by a few people I once loved. I come across no one. I’ve forgotten the room numbers. I can’t find the kitchen. I’m not even sure which floor I’m on. It’s like in those dreams where I return to the building I grew up in, but everything has changed – the stairwell, the layout of the walls, everything except the silence and the absence of life.

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  • Voyeur (1)

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  • Dédale désert / Empty maze (1998)

    FRANÇAIS

    Je sonne à l’improviste chez Séverine qui m’ouvre sans préciser le numéro de son appartement. Je me perds dans le dédale de couloirs et d’escaliers déserts de sa résidence. Impression fugitive d’être dans la Quatrième dimension. J'y erre de longues minutes, de plus en plus fasciné par ces couloirs strictement identiques, aux portes identiques, où règne un silence absolu, où l'éclairage artificiel ne parvient pas totalement à dissiper la pénombre.

    ENGLISH

    I ring unexpectedly at Séverine's place, and she opens without specifying her apartment number. I get lost in the maze of deserted corridors and staircases of her building. A fleeting impression of being in The Twilight Zone. I wander there for many minutes, increasingly fascinated by these strictly identical corridors, with identical doors, where absolute silence reigns, and the artificial lighting fails to completely dispel the gloom.

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  • Pleinement attentif (2002) / Fully attentive (2002)

    FRANÇAIS

    Je me trompe dans un billet de bus que je prends. Le chauffeur m'accepte quand même et me dépose à un arrêt quelconque en ville. Les lieux évoquent Nancy mais aussi une ville où je serais de passage pour un stage ou un concours. Il y a une fête foraine, des attractions, des stands, en pleine rue ; ça ressemble aux abords d'une gare. Je marche longuement et finis par longer, sur un boulevard, un grand magasin, et je me dis que pour une fois je vais y entrer. Une fois dedans, j'aperçois à l'autre extrémité une place ou une rue avec une belle église très blanche, et je suis émerveillé parce que ça ressemble à un rêve que j'ai fait quelques mois auparavant (je n'ai évidemment pas conscience d'être à nouveau dans un rêve). Je la prends en photo avec mon téléphone. La beauté de l'église et du magasin lui-même me donnent envie de rester ou de revenir et d'y passer du temps, comme la fête foraine un peu plus tôt. Je ressens un plaisir à simplement « être ici », pleinement attentif au lieu où je me trouve.

    ENGLISH

    I take the wrong bus ticket. The driver lets me on anyway and drops me off at some random stop in the city. The place evokes Nancy, but also a town I might be passing through for an internship or an exam. There's a funfair, attractions, stands, right in the middle of the street – it feels like the area around a train station. I walk for a long time and eventually find myself on a boulevard, walking past a large department store. I think to myself that, for once, I’m going to go inside.

    Once inside, I catch sight of a square or a street at the far end, with a beautiful, very white church – and I’m struck with wonder because it looks just like a dream I had a few months ago (though of course I’m not aware that I’m dreaming again). I take a photo of it with my phone. The beauty of the church and of the store itself makes me want to stay, or to come back and spend time here – just like the funfair did earlier. I feel a deep pleasure in simply being here, fully attentive to the place I’m in.

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  • Le plaisir de se perdre

    FRANÇAIS

    Écrit dans mon journal à l'époque :

    « Je suis arrivé à Saint-Dizier alors qu'il faisait nuit depuis un bon moment. Je me suis garé sur un parking quelconque, au hasard. Cela m'arrangeait ; j'en ai profité pour me balader. J'avais longé, en arrivant, un parc donnant sur une grande muraille médiévale, qui cachait un château plus récent, et le tout paraissait vraiment incongru, juste après la voie rapide et la zone commerciale par laquelle j'étais arrivé. Il y avait peu de monde dans les rues. Beaucoup de vieilles pierres, de façades décrépies, de grilles et de portails, d'églises et de ruelles pavées, de palmiers qui donnaient, comme parfois à Nancy, l'impression de se trouver dans une ville du Sud, loin...

    Je me suis enfoncé dans la ville, au hasard, ressentant un peu la même chose qu'à Toulouse, le jour où j'avais passé une journée seul à marcher dans les rues, me perdant dans des quartiers de plus en plus excentrés et anonymes, avec un vertige presque voluptueux, ou comme à chaque fois que j'ai été dans une situation similaire : le plaisir de se perdre, de découvrir des lieux – rues et ruelles, places, arrières-cours, jardins – et d'avancer sans cesse, au hasard, ouvert à toute éventualité, tout surgissement de l'inconnu... »

    ENGLISH

    Written in my diary back then :

    "I arrived in Saint-Dizier well after nightfall. I parked in some random lot, without giving it much thought. That suited me just fine; I took the opportunity to wander around. On the way in, I had passed a park bordering a large medieval wall, which concealed a more recent château – and the whole thing felt strangely out of place, just beyond the expressway and commercial zone through which I had arrived. There were few people in the streets. Lots of old stones, crumbling facades, gates and railings, churches and cobbled alleys, and even palm trees that, like in Nancy sometimes, gave the impression of being in a southern city, far away...

    I drifted deeper into the town, at random, feeling a little like I had in Toulouse, the day I spent wandering alone through the streets, getting lost in increasingly distant and anonymous neighborhoods, with a kind of almost voluptuous dizziness – or like every time I've found myself in a similar situation: the pleasure of getting lost, of discovering places – streets and alleys, squares, backyards, gardens – and of continuing to move forward, aimlessly, open to any possibility, any sudden emergence of the unknown..."

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  • Touriste du néant / Tourist of the void

    FRANÇAIS

    Je reviens hanter les couloirs et les cages d'escalier et, comme toujours, la petitesse, l'étroitesse des choses réelles, comparées aux paysages qu'elles font naître dans mon souvenir et dans mes fantasmes, me serre le cœur. J'aimerais être triste, ressentir de manière aiguë la séparation, l'exil, au lieu de ce sentiment vague et déplaisant d'être un touriste du néant, n'explorant que son propre sentiment de n'avoir plus rien à faire ici. Je note quelque part : « Le manque, c'est tout ce qu'il me reste ».

    ENGLISH

    I return to haunt the hallways and stairwells, and, as always, the smallness, the narrowness of real things – compared to the landscapes they give rise to in my memories and fantasies – tightens my chest. I wish I could feel sadness, truly feel the separation, the exile, instead of this vague and unpleasant sensation of being a tourist of the void, exploring nothing but my own feeling of no longer belonging here. I jot down somewhere: "Longing is all I have left".

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  • Fête / Party

    FRANÇAIS

    Je reviens dans l'immeuble où j'ai grandi. Je suis devant la porte de l'appartement, seul, peut-être avec des bagages. C'est le soir, tard, peut-être même en pleine nuit. Je me sens de retour. L'appartement est inhabité depuis notre départ, il y a des années. J'entre dans l'appartement, et la première chose qui me frappe, est le froid – je me dis que j'aurai le plus grand mal à rétablir une température habitable. Puis je constate que l'appartement a été entièrement vidé, non seulement de ses meubles, mais même des murs qui séparaient les pièces. Même la cheminée a disparu. Il n'y a plus qu'une seule pièce, vide, immense. Un mur remplace la baie vitrée qui donnait sur les champs. Plus tard, il y a un genre de fête. Je parle à quelques filles avachies sur des canapés. Une lumière faible, mais chaleureuse.

    ENGLISH

    I return to the building where I grew up. I'm standing in front of the apartment door, alone – perhaps with some luggage. It's late in the evening, maybe even the middle of the night. I feel like I’ve come back. The apartment has been uninhabited since we left, years ago. I step inside, and the first thing that strikes me is the cold – I immediately think how difficult it will be to make the place livable again. Then I realize the apartment has been completely emptied – not just of furniture, but even of the walls that once separated the rooms. Even the fireplace is gone. There's nothing left but a single, vast, empty room. A solid wall has replaced the large window that used to open onto the fields. Later, there's a kind of party. I speak to a few girls slouched on sofas. The light is dim, but warm.

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  • Enterrement (2001)

    FRANÇAIS

    Je passe l'après-midi à marcher, du CORA à Folpersviller, puis à Neunkirch, et en Allemagne, pour oublier temporairement une douleur au côté droit, lancinante et permanente, dont je souffre depuis des jours. À Hanweiler, je passe par la maison de retraite et son parc immense, qui longe la voie ferrée. Il fait gris, déjà sombre, pluvieux, et je tombe sur un rassemblement – un enterrement manifestement. Un orchestre de cuivres joue une musique lente, triste, et plusieurs personnages âgées, disposées en arc de cercle, tiennent des cierges.

    ENGLISH

    I spend the afternoon walking, from the CORA supermarket to Folpersviller, then to Neunkirch, and into Germany, to temporarily forget a nagging, constant pain in my right side that I have been suffering from for days. In Hanweiler, I pass by the retirement home and its huge park, which runs alongside the railway line. It is grey, already dark and rainy, and I come across a gathering – a funeral, obviously. A brass band plays slow, sad music, and several elderly people, arranged in a semicircle, hold candles.

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  • Aucun contact humain direct / Without any direct human

    FRANÇAIS

    Salles informatiques. Solitude au milieu des autres. Chacun est seul. Des salles crûment éclairées ou au contraire obscures, où chacun pouvait, au milieu des autres, et dans leur chaleur, sans aucun contact humain direct avec eux, se plonger dans ses rêves.

    ENGLISH

    Computer rooms. Solitude among others. Everyone is alone. Rooms with harsh lighting or, conversely, dim lighting, where everyone could immerse themselves in their dreams, surrounded by others and their warmth, without any direct human contact with them.

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  • Inondation / Flood

    FRANÇAIS

    J'ai emménagé dans un nouvel appartement – il y a un faux plafond qui prend atrocement l'eau, car dehors il pleut sans discontinuer ; je vois au fil des heures de plus en plus de gouttes tomber dans le salon, jusqu'à ce que le plafond laisse à peu près tout passer ; je suis horriblement angoissé par ce dégât des eaux que je ne peux pas arrêter.

    ENGLISH

    I’ve moved into a new apartment – there’s a false ceiling that’s leaking terribly because it’s been raining non-stop outside. As the hours go by, I see more and more drops falling into the living room, until the ceiling ends up letting almost everything through. I’m horribly anxious about this water damage that I can’t stop.

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  • Polaris (2003)

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  • Grisaille

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    « Tout n'est que syphilis. »

    « All is syphilis. »

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  • Attention

    FRANÇAIS

    Hier soir, dîner chez C. et E. Je suis passé non pas par la voie rapide habituelle mais par la route de Dieuze que j'avais déjà prise il y a quelques mois pour aller explorer Château-Salins. Elle a l’avantage de ne passer par rien d’autre que des villages et des départementales, en contournant entièrement Nancy, pour la même durée de trajet. Je suis passé par Moyen-Vic, qui m'a plongé dans un état d'extase esthétique incrédule tant son état de délabrement et l'architecture vieillotte de certaines maisons – de vieux immeubles et des maisons de ville mitoyens sur des dizaines de mètres, mais aussi des espèces de chalets en bois sortis des années 70 – me paraissaient une sorte de cauchemar merveilleusement attirant, comme dans certains rêves que j’ai fait ces dernières années.

    J'ai eu une expérience similaire dans Nancy, après que France ait garé sa voiture dans une rue perpendiculaire à la rue Anatole France – cette rue qui monte vers un bâtiment qui ressemble à un vieil hôpital et où l'on s'était déjà promené en 2022. Il faisait déjà nuit, il n’y avait pas de passants, pas de voiture, tout était agréable et paisible ; les réverbères baignaient la rue de leur lumière artificielle, qui rend tout un peu étrange. C'est une rue ou les immeubles Art Déco, les maisons de ville, les hôtels particuliers et les énormes immeubles HLM brutalistes cohabitent, se jouxtent, sans logique, sans cohérence. Il y avait des vélos garés, des bulles à verre, des fenêtres illuminées à travers lesquelles on pouvait voir des gens dans leur salon ou leur cuisine. C’était incroyablement réel. Un moment de vie réelle, un morceau du monde réel. Je me suis dit « Je suis à Nancy » comme si ce n’était pas une évidence ou quelque chose de banal. Comme on se le dirait dans un rêve, avec une légère incrédulité, avec cette sensation où se mêle un sentiment d'hyperréalité et de totale étrangeté à la fois ; avec ce mélange d’attention décuplée et d’impression de rêver.

    Parce que c’est ça la question majeure : l’attention. Dans les rêves l'attention est beaucoup plus grande, paradoxalement, qu'à l'état de veille ; nous dormons en réalité à l'état de veille, nous fonctionnons en pilotage automatique, inattentifs à ce qui nous entoure et que nous avons déjà vu mille fois : telle rue, tel objet. Et nous vivons réellement dans notre sommeil, là où tout paraît neuf et étonnant, beau ou laid, réconfortant ou effrayant, ou simplement présent et bien réel, face à nous.

    ENGLISH

    Last night, dinner at C. and E.’s. I didn’t take the usual expressway but instead went by the Dieuze road, the one I’d already taken a few months ago to explore Château-Salins. It has the advantage of passing through nothing but villages and small departmental roads, completely bypassing Nancy, yet taking just as long. I went through Moyen-Vic, which sent me into a kind of incredulous aesthetic rapture, so dilapidated were some of its old houses and apartment buildings – long rows of adjoining townhouses, but also these strange wooden chalets straight out of the 1970s – all of it forming a sort of wonderfully enticing nightmare, like in certain dreams I’ve had in recent years.

    I had a similar experience in Nancy, after France parked her car in a street perpendicular to Rue Anatole France – that street that climbs toward a building resembling an old hospital, where we had already walked in 2022. It was already dark; there were no passersby, no cars, everything was calm and pleasant. The streetlights bathed everything in their artificial glow, making it all slightly unreal. It’s a street where Art Deco buildings, townhouses, private mansions, and massive brutalist housing blocks coexist, side by side, with no logic, no coherence. There were bicycles parked, recycling bins, and illuminated windows through which one could see people in their living rooms or kitchens. It was incredibly real – a moment of real life, a fragment of the real world. I said to myself, "I’m in Nancy", as though it weren’t obvious or banal – as though one might say it in a dream, with a touch of disbelief, with that feeling where hyperreality and utter strangeness mingle; that mix of heightened attention and the sensation of dreaming.

    Because that’s really the central question: attention. In dreams, attention is paradoxically much sharper than in waking life; in truth, it’s when awake that we sleep – moving through the world on autopilot, inattentive to what surrounds us, to what we’ve already seen a thousand times: a certain street, a certain object. And we truly live in our sleep, where everything seems new and astonishing, beautiful or ugly, comforting or frightening, or simply present, vividly real, right before us.

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  • Silhouettes indistinctes / Indistinct figures (2006)

    FRANÇAIS

    Elle vivait dans un immeuble étroit, avenue de la Libération, qui jouxtait un squat et des maisons bourgeoises terrées au fond de parcs impénétrables. Une zone floue, accablée de voitures jour et nuit. La cage d'escalier était déserte à toute heure. Ses portes auraient tout aussi bien pu n'ouvrir que sur des logements déserts, des tombeaux. Des photos d'elle, nue, en noir et blanc, décoraient le couloir d'entrée. Je me souviens de sa chambre plongée dans le noir, et de l'immense miroir qui couvrait toute la penderie, auquel nous faisions face et où nous regardions nos silhouettes indistinctes faire l'amour sur le lit. Une petite radio diffusait du Chopin en sourdine, dans la salle de bain vieillotte et mal éclairée, avec son carrelage douteux et sa baignoire d'un autre siècle. Il y planait une odeur d'humidité et de vieux murs, mélangée à celle de l'encens et des bougies. C'était l'odeur de Nancy, une odeur de vieillesse immémoriale de solitude, d'inconfort, c'était celle de ma jeunesse, et je l'aimais.

    ENGLISH

    She lived in a narrow apartment building on Avenue de la Libération, nestled between a squat and bourgeois houses hidden deep within impenetrable gardens. A blurry zone, choked with cars day and night. The stairwell was deserted at all hours. Its doors might as well have opened onto empty apartments or tombs. Black-and-white nude photos of her adorned the entrance hallway. I remember her room plunged in darkness, and the huge mirror that covered the wardrobe, which we faced, watching our indistinct silhouettes making love on the bed. A small radio played Chopin softly in the background, in the old, dimly lit bathroom, with its dubious tiles and a bathtub from another century. There was a scent of damp and old walls hanging in the air, mixed with incense and candle wax. It was the smell of Nancy – a scent of ancient age, solitude, discomfort – it was the scent of my youth, and I loved it.

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  • Batumambe

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