Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Nancy

  • Vide intersidéral / The emptiness of outer space

    FRANÇAIS

    Rues anonymes – ou du moins dont j'ignore le nom – perpendiculaires à la rue Mon-Désert, non loin du pont qui surplombe les rails. Je suis heureux d'ignorer leur nom, ou quoi que ce soit à leur sujet. De petits immeubles absolument identiques se suivent, aussi loin que le regard porte. Aussi monotones, muets et paisibles que le vide intersidéral.

    ENGLISH

    Anonymous streets – or at least ones whose names I don't know – run perpendicular to Mon-Désert Street, not far from the bridge that crosses the railroad tracks. I'm happy to be unaware of their names, or anything else about them. Small, identical buildings line the streets as far as the eye can see. They are as monotonous, silent, and peaceful as the emptiness of outer space.

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy 0 commentaire Pin it!
  • Au ralenti / Idling

    FRANÇAIS

    Je passe la nuit chez elle, dans sa chambre de la cité Médreville. Elle ne porte qu’un T-shirt et ses jambes, son sexe disponible me hantent toute la nuit. Les heures passent comme des siècles. Dans le noir, à une distance qui ne permet pas de croire au contact accidentel, je lui touche le bras. Elle rit et je renonce à aller plus loin, mortifié. J'écoute ensuite un bruit sourd, venu de dehors, comme une voiture qui tourne au ralenti, qui me berce, et je finis par m'endormir.

    ENGLISH

    I spend the night at her place, in her room in the Médreville university dorm. She’s only wearing a T-shirt, and her legs, her available sex haunt me all night. The hours pass like centuries. In the dark, at a distance that rules out any accidental contact, I touch her arm. She laughs, and I give up on going any further, mortified. Then I listen to a low sound coming from outside, like a car idling, lulling me to sleep, and I eventually drift off.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Lost girl

    sandra.jpg

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos 0 commentaire Pin it!
  • Voyeur (3)

    FRANÇAIS

    Balade dans les rues, la nuit, à Nancy. Des maisons anciennes, des grilles, des massifs de fleurs. Devant l'une de ces maisons je m'arrête et regarde Florence – censée y habiter – par la fenêtre, ou à travers la grille quand elle est dans son jardin). Je sais qu'elle sait que je l'épie. Je ne fais rien pour me cacher, et ne la salue pas non plus. Elle-même ne vient pas à moi. Ces moments où je l'épie semble faire partie de notre relation ; de ses non-dits.

    ENGLISH

    A stroll through the streets of Nancy at night. Old houses, iron gates, flower beds. In front of one of these houses, I stop and watch Florence – who is supposed to live there – through the window, or through the gate when she’s in her garden. I know she knows I’m watching her. I make no effort to hide, nor do I greet her. She doesn’t come to me either. These moments when I watch her seem to be part of our relationship; part of what remains unsaid.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Récits de rêve / Dreams 0 commentaire Pin it!
  • Brabois

    FRANÇAIS

    Il y eut un certain nombre de nuits où, ne supportant plus le silence, je m'habillais pour marcher jusqu'à la rue du Vivarais, où un ami avait mis son studio à ma disposition. Il régnait en permanence chez lui une odeur de poubelles en décomposition, de sueur et de jeunesse gâchée, passée dans la solitude. Retrouver cette odeur, visite après visite, était pour moi une hantise. Mais je venais pour y passer des moments secrets et clandestins, alors même que personne n'était à ma recherche ; des nuits d'alcool et de mauvais sommeil. Je hantais les salons de discussion à la recherche de quelqu'un, de n'importe qui, à qui parler, jusqu'à l'heure où il me fallait baisser les stores et dormir si je voulais échapper au spectacle de l'aube.

    La montée vers Brabois était sinueuse et raide comme un chemin de pèlerinage. Elle était interminable. Je l'empruntais guidé par cette croix immense et illuminée qui émerge des arbres, indiquant, perdue dans l'obscurité d'un parc, la chapelle Notre-Dame des Pauvres. En face de ce parc dormait dans l'ombre une grande école. Je la longeais, fasciné à chaque fois, sans savoir exactement pourquoi, imaginant des dortoirs obscurs et silencieux, des salles de bain glaciales. Un internat pour fantômes.

    ENGLISH

    There were a number of nights when, unable to bear the silence any longer, I would get dressed and walk to Rue du Vivarais, where a friend had let me use his studio. His place always smelled of rotting garbage, sweat, and wasted youth spent in solitude. That smell haunted me, visit after visit. But I came to spend secret, clandestine hours there – even though no one was actually looking for me; nights of alcohol and restless sleep. I haunted chat rooms, searching for someone – anyone – to talk to, until the moment came when I had to lower the blinds and sleep, if only to avoid witnessing the dawn.

    The climb toward Brabois was steep and winding, like a path of pilgrimage. It felt endless. I followed it, guided by that huge illuminated cross rising from the trees, marking – lost in the darkness of a park – the Chapel of Our Lady of the Poor. Opposite the park, a large school slumbered in the shadows. I would walk past it, fascinated every time, without knowing exactly why, imagining dark and silent dormitories, icy bathrooms. A boarding school for ghosts.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Vieille femme aveugle / Blind old woman

    FRANÇAIS

    Au fond des jardins agonisants, il y a de vieilles maisons dont j'essaie, d'un coup d’œil furtif quand je les longe, de deviner ce que cachent plus qu'elles ne révèlent leurs fenêtres ternes, voilées comme des yeux de vieille femme aveugle. Je distingue à peine un cadre, une lampe. J’essaie d’imaginer quelle vie silencieuse et lente, répétitive, dans une demi-conscience et une demi-pénombre, peut y prendre place. Et ce que j’imagine m’attire sans que je ne sache pourquoi.

    ENGLISH

    At the bottom of the dying gardens, there are old houses whose dull windows, veiled like the eyes of a blind old woman, I try to guess – with a furtive glance as I walk past – what they hide more than what they reveal. I can barely make out a frame, a lamp. I try to imagine what silent, slow, repetitive life, lived in a half-consciousness and a half-gloom, might unfold there. And what I imagine draws me in without my knowing why.

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy 0 commentaire Pin it!
  • Séparation complète / Complete separation (1998)

    lb.jpg

    FRANÇAIS

    Une boîte quelconque. Je suis assis à une longue table, au milieu d'inconnus indifférents, seuls et silencieux pour certains eux aussi. Les gens de mon âge qui dansent et poussent des cris, la musique assourdissante, les corps inaccessibles, le décalage et la séparation complète que je ressens entre les autres et moi, pour la première fois de ma vie, ne me font pas souffrir. Laetitia rentre avec moi, à l'improviste, et nous buvons des bières, moi sur le lit, elle assise à même le sol, éclairés par ma seule lampe de chevet. Elle monologue. Elle m'avoue une tentative de suicide dans son adolescence ainsi que de nombreux autres secrets heureux ou douloureux. Mais je ne l'écoute pas, et je la prends en photo.

    ENGLISH

    Some random club. I’m sitting at a long table, surrounded by indifferent strangers – some of them silent and alone too. People my age are dancing and shouting, the music is deafening, their bodies out of reach. And yet, for the first time in my life, the disconnect, the complete separation I feel between them and me doesn’t hurt. Laetitia comes home with me, unexpectedly, and we drink beers – me on the bed, her sitting directly on the floor, lit only by my bedside lamp. She monologues. She confesses a suicide attempt in her teenage years, along with many other happy or painful secrets. But I’m not listening. I’m taking her picture.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Oudinot

    FRANÇAIS

    Immeubles Art Déco aux couleurs douces, pastel. On dirait des bonbons ou des pâtisseries. Par les fenêtres on peut voir des luminaires sphériques à la lumière faible et chaude. Un monde entier de douceur, de formes féminines. Les portes en fer forgé, ouvragées comme de la dentelle sur un déshabillé. Un univers de femmes. Je pense à ma grand-mère, à l'immeuble Art Déco dans lequel elle vivait seule et qu'elle avait réussi à remplir de bibelots et d'objets entassés au point que l'on ne pouvait plus y marcher qu'à travers d'étroits sentiers. À ses murs recouverts de reproductions de David Hamilton. À ma mère et ses quatre soeurs qui y avaient grandi. Là aussi, un univers de femmes.

    ENGLISH

    Art Deco buildings in soft, pastel hues – like candies or pastries. Through the windows, you can see spherical light fixtures casting a dim, warm glow. An entire world of softness, of feminine shapes. Wrought-iron doors, worked as delicately as lace on a slip. A universe of women. I think of my grandmother, of the Art Deco building where she lived alone, which she had managed to fill with trinkets and piled-up objects to the point that one could only move through it along narrow paths. Of her walls covered with reproductions of David Hamilton. Of my mother and her four sisters who had grown up there. There, too, a universe of women.

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy, Sarreguemines, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Printemps

    nancy (16).jpg

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos 0 commentaire Pin it!
  • Tumeur / Tumor

    FRANÇAIS

    Vieux crépis. Gris, noirci par la pollution, l'humidité. Murs bruns, terreux.

    Portes métalliques. Halls d'entrée obscurs, carrelage qui résonne. Métal, pierre, froid.

    Aux alentours de la rue de Rome : odeurs de graillon, de nourriture grasse, de friture. Souvenirs d'enfance réconfortants. Le take away asiatique rue de Mon-Désert.

    Vieux rideaux qui semblent opaques à force de crasse, de vieillesse. Lourds et qui m'évoquent ceux de la classe d'école quand j'étais enfant.

    La crasse et la grisaille des immeubles me font penser à Dark Water que j'avais vu à sa sortie, à l'UGC ou je ne sais où, et cette infiltration d'eau envahissante, angoissante, comme une tumeur psychique qui envahit peu à peu la vie quotidienne.

    ENGLISH

    Old plaster. Gray, blackened by pollution and humidity. Brown, earthy walls.

    Metal doors. Dark entryways, echoing tile floors. Metal, stone, cold.

    Around Rue de Rome: smells of grease, fatty food, frying. Comforting childhood memories. The Asian takeaway on Rue de Mon-Désert.

    Old curtains that seem opaque with grime and age. Heavy and that remind me of those in my school classroom when I was a child.

    The grime and grayness of the buildings remind me of Dark Water, which I saw when it came out, at the UGC theater or somewhere, and that invasive, frightening water infiltration, like a psychic tumor that gradually invades everyday life.

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy 0 commentaire Pin it!
  • Vrai visage / True face

    FRANÇAIS

    Elle et moi marchons de nuit, à peu près seuls dans les rues. La place Stanislas est entièrement et étrangement vide, silencieuse. L'éclairage jaunâtre qui baigne tout m'évoque la maladie, la vieillesse et la mort ; elle est le vrai visage de Nancy, une fois les touristes envolés et les lumières des cafés éteintes. À l'angle de la rue Vaudémont et de la rue des Maréchaux : un immeuble d'un jaune vif, étrangement oriental avec ses fenêtres étroites et voutées. Une seule d'entre elles, au tout dernier étage, laisse voir de la lumière. Qui vit ici ? Elle me reproche de ne pas être réellement avec elle ; de me promener seul, à côté d'elle. C'est la très exacte vérité. Plus tard dans la soirée je la photographie, qui marche loin devant moi, ayant renoncé à vivre ce moment ensemble ; et c'est comme si je documentais par avance ce que seront sa vie et la mienne dans quelques mois.

    ENGLISH

    She and I walk at night, more or less alone in the streets. Place Stanislas is entirely – and strangely – empty, silent. The yellowish light that bathes everything makes me think of illness, old age, and death; it is the true face of Nancy, once the tourists have gone and the café lights have been turned off. At the corner of Rue Vaudémont and Rue des Maréchaux stands a building of vivid yellow, strangely oriental, with its narrow, arched windows. Only one of them, on the very top floor, shows any light. Who lives here? She reproaches me for not truly being with her – for walking alone, beside her. It is the exact truth. Later that evening, I photograph her as she walks far ahead of me, having given up on living this moment together; and it is as though I were documenting in advance what her life and mine will be in a few months’ time.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Ruines

    de (1).jpg

    de (2).jpg

    de (4).jpg

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos 0 commentaire Pin it!
  • Euthanasie / Euthanasia

    FRANÇAIS

    Je vois un trajet sur des routes et des voies rapides, à travers le pare-brise, comme si je regardais un film. Ça ressemble autant à Nancy (et Lunéville) que Strasbourg ou Sarrebrück. Je suis ensuite dans mon appartement d'étudiant à Nancy. Je croise une voisine, qui a le visage totalement déformé par la maladie, monstrueux, comme celui de cette femme qui avait publiquement demandé au Président de pouvoir être euthanasiée.

    ENGLISH

    I see a journey along roads and highways, through the windshield, as if I were watching a movie. It looks as much like Nancy (and Lunéville) as it does Strasbourg or Saarbrücken. Then I'm in my student apartment in Nancy. I run into a neighbor whose face is completely disfigured by illness, monstrous – like that woman who publicly asked the President for the right to be euthanized.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Récits de rêve / Dreams 0 commentaire Pin it!
  • Crépis sale / Dirty stucco

    16561945626_3c39e031c4_k.jpg

    FRANÇAIS

    Les façades noircies, les gouttières rouillées, les fenêtres rendues opaques par la crasse et le temps ; tout un monde de souillure qui m'affole, me met dans un état d'excitation presque érotique. Ma propre décomposition intérieure, explorable, sous la forme d'une ville.

    ENGLISH

    The blackened façades, the rusted gutters, the windows made opaque by grime and time; a whole world of filth that overwhelms me, puts me in a state of almost erotic excitement. My own inner decay, made tangible, explorable – in the form of a city.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos 0 commentaire Pin it!
  • La vieille (1999) / The old woman (1999)

    FRANÇAIS

    Lydie et moi nous promenons dans le quartier paisible, endormi, qui surplombe le cimetière de Préville, et où le très beau et le très laid se côtoient d'une façon bizarrement harmonieuse, évidente. Des rues tortueuses et pentues. Quelques maisons Art Nouveau. Un parc. Tout cela est réconfortant, reposant. En rentrant je croise, juste devant mon immeuble, une vieille femme qui titube, la main sur la bouche. Nos yeux se rencontrent et je suis paralysé quelques instants par son regard halluciné, où se lit une horreur inexprimable et qui se communique immédiatement à moi, mais dont je ne comprends pas la raison. Comme dans l'un de ces rêves où l'on fuit en étant persuadé que chaque pas pèsera mille tonnes et que l'on échappera finalement pas au danger, je me vois franchir les quelques mètres qui me séparent de mon immeuble, et me réfugie à l'intérieur, presque tremblant ; je vois en refermant la porte qu'elle s'est retournée me regarde toujours, elle aussi, dans la même posture.

    ENGLISH

    Lydie and I walk through the peaceful, sleepy neighborhood overlooking the Préville cemetery, where the very beautiful and the very ugly strangely coexist in an obvious harmony. Winding, steep streets. A few Art Nouveau houses. A park. All of it is comforting, calming. On the way back, right in front of my building, I cross paths with an old woman who staggers, her hand over her mouth. Our eyes meet, and I am frozen for a few moments by her hallucinatory gaze, in which an unspeakable horror is written and immediately transmitted to me, though I don’t understand why. Like in one of those dreams where you run convinced that every step weighs a thousand tons and you will inevitably be caught by danger, I see myself crossing the few meters to my building and taking refuge inside, almost trembling; as I close the door, I see that she has turned around and is still watching me, in the same posture.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Rue Drouin

    FRANÇAIS

    Je marche à la tombée de la nuit, aux abords de la rue Drouin. C'est l'hiver. Tout semble cotonneux, au ralenti. Je croise une sortie d'école. Quelques enfants et leurs parents, peu nombreux. Les couleurs chaudes, dans le bâtiment, dont la porte est ouverte, sont attirantes, comme une invitation à rentrer à la maison, à retomber en enfance.

    ENGLISH

    I walk at dusk, near Drouin Street. It's winter. Everything seems cottony, in slow motion. I pass a school gate. A few children and their parents, not many. The warm colors inside the building, whose door is open, are inviting, like an invitation to go home, to return to childhood.

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Errance (2015) / Wandering (2015)

    FRANÇAIS

    Ces derniers mois je suis retourné plusieurs fois, de jour comme de nuit, sur les lieux de mes études à l'université, de ma vie d'étudiant... Une errance obsessionnelle, triste, angoissée, dans ces lieux de ma jeunesse devenus morts, silencieux, effrayants. Il n'y a littéralement rien à voir là-bas et pourtant j'y retourne encore et encore, avec dégoût, peut-être précisément pour éprouver ce dégoût, pour me convaincre qu'il n'y a plus rien à y voir, pour parvenir à intégrer ce fait une bonne fois, pour faire mon deuil, comme disent les cuistres. Ou peut-être est-ce l'inverse, peut-être ne traîné-je aucune nostalgie d'époques plus vivantes, plus riches en événements et en rencontres ; peut-être reviens-je sur ces lieux pour les voir enfin morts, enfin vides, débarrassés de tout le théâtre poussif que l'on nomme une vie. Dans leur vérité nue, la vérité du néant.

    ENGLISH

    These past months, I’ve returned several times – by day and by night – to the places where I studied, where I lived as a student… An obsessive, sad, anxious wandering through the sites of my youth, now dead, silent, frightening. There is literally nothing to see there, and yet I keep going back, again and again, with a kind of disgust – perhaps precisely to feel that disgust, to convince myself there is truly nothing left to see, to finally take that in, to grieve, as the pedants say.

    Or maybe it’s the opposite. Maybe I don’t carry any nostalgia for livelier times, for days richer in events and encounters; maybe I return to these places to finally see them dead, truly empty, stripped of all the clumsy theater we call a life. To see them in their naked truth – the truth of nothingness.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Grisaille

    2021-12-02 - Nancy (34).JPG

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos 0 commentaire Pin it!
  • Passager clandestin (2005) / Stowaway (2005)

    FRANÇAIS

    J'attends que quelqu'un entre ou sorte, et me faufile dès que possible entre deux étudiants sans âge, indifférents. Aucun gardien, aucune femme de ménage ne m'arrête ou ne vient exiger tous les trois pas que je justifie ma présence ici. Mais jusqu'au bout je marcherai dans ces couloirs avec le sentiment d'être un resquilleur, un passager clandestin voué à l'expulsion et aux plus sévères poursuites. Une odeur de peinture fraîche plane encore dans les couloirs silencieux, comme si l'on avait voulu, avant mon arrivée, masquer ce qui restait à masquer, effacer les traces même les plus misérables du passage ici de quelques personnes que j'ai aimées. Je ne croise personne. J'ai oublié les numéros des chambres. Je ne retrouve pas la cuisine. Je ne suis même pas sûr de l'étage. C'est comme dans ces rêves où je reviens dans l'immeuble où j'ai grandi, mais où tout a changé – la cage d'escalier, la disposition des murs, tout sauf le silence et l'absence de vie.

    ENGLISH

    I wait for someone to enter or leave, and slip in as soon as possible between two ageless, indifferent students. No guard, no cleaning lady stops me or demands, every few steps, that I justify my presence here. But all the way through, I walk these corridors with the feeling of being a gatecrasher, a stowaway doomed to expulsion and the harshest consequences. A smell of fresh paint still lingers in the silent hallways, as if someone had tried, before I arrived, to cover up what needed hiding, to erase even the most miserable traces left by a few people I once loved. I come across no one. I’ve forgotten the room numbers. I can’t find the kitchen. I’m not even sure which floor I’m on. It’s like in those dreams where I return to the building I grew up in, but everything has changed – the stairwell, the layout of the walls, everything except the silence and the absence of life.

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Dédale désert / Empty maze (1998)

    FRANÇAIS

    Je sonne à l’improviste chez Séverine qui m’ouvre sans préciser le numéro de son appartement. Je me perds dans le dédale de couloirs et d’escaliers déserts de sa résidence. Impression fugitive d’être dans la Quatrième dimension. J'y erre de longues minutes, de plus en plus fasciné par ces couloirs strictement identiques, aux portes identiques, où règne un silence absolu, où l'éclairage artificiel ne parvient pas totalement à dissiper la pénombre.

    ENGLISH

    I ring unexpectedly at Séverine's place, and she opens without specifying her apartment number. I get lost in the maze of deserted corridors and staircases of her building. A fleeting impression of being in The Twilight Zone. I wander there for many minutes, increasingly fascinated by these strictly identical corridors, with identical doors, where absolute silence reigns, and the artificial lighting fails to completely dispel the gloom.

    Lien permanent Catégories : Labyrinthes / Labynrinths, Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Pleinement attentif (2002) / Fully attentive (2002)

    FRANÇAIS

    Je me trompe dans un billet de bus que je prends. Le chauffeur m'accepte quand même et me dépose à un arrêt quelconque en ville. Les lieux évoquent Nancy mais aussi une ville où je serais de passage pour un stage ou un concours. Il y a une fête foraine, des attractions, des stands, en pleine rue ; ça ressemble aux abords d'une gare. Je marche longuement et finis par longer, sur un boulevard, un grand magasin, et je me dis que pour une fois je vais y entrer. Une fois dedans, j'aperçois à l'autre extrémité une place ou une rue avec une belle église très blanche, et je suis émerveillé parce que ça ressemble à un rêve que j'ai fait quelques mois auparavant (je n'ai évidemment pas conscience d'être à nouveau dans un rêve). Je la prends en photo avec mon téléphone. La beauté de l'église et du magasin lui-même me donnent envie de rester ou de revenir et d'y passer du temps, comme la fête foraine un peu plus tôt. Je ressens un plaisir à simplement « être ici », pleinement attentif au lieu où je me trouve.

    ENGLISH

    I take the wrong bus ticket. The driver lets me on anyway and drops me off at some random stop in the city. The place evokes Nancy, but also a town I might be passing through for an internship or an exam. There's a funfair, attractions, stands, right in the middle of the street – it feels like the area around a train station. I walk for a long time and eventually find myself on a boulevard, walking past a large department store. I think to myself that, for once, I’m going to go inside.

    Once inside, I catch sight of a square or a street at the far end, with a beautiful, very white church – and I’m struck with wonder because it looks just like a dream I had a few months ago (though of course I’m not aware that I’m dreaming again). I take a photo of it with my phone. The beauty of the church and of the store itself makes me want to stay, or to come back and spend time here – just like the funfair did earlier. I feel a deep pleasure in simply being here, fully attentive to the place I’m in.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Récits de rêve / Dreams 0 commentaire Pin it!
  • Touriste du néant / Tourist of the void

    FRANÇAIS

    Je reviens hanter les couloirs et les cages d'escalier et, comme toujours, la petitesse, l'étroitesse des choses réelles, comparées aux paysages qu'elles font naître dans mon souvenir et dans mes fantasmes, me serre le cœur. J'aimerais être triste, ressentir de manière aiguë la séparation, l'exil, au lieu de ce sentiment vague et déplaisant d'être un touriste du néant, n'explorant que son propre sentiment de n'avoir plus rien à faire ici. Je note quelque part : « Le manque, c'est tout ce qu'il me reste ».

    ENGLISH

    I return to haunt the hallways and stairwells, and, as always, the smallness, the narrowness of real things – compared to the landscapes they give rise to in my memories and fantasies – tightens my chest. I wish I could feel sadness, truly feel the separation, the exile, instead of this vague and unpleasant sensation of being a tourist of the void, exploring nothing but my own feeling of no longer belonging here. I jot down somewhere: "Longing is all I have left".

    Lien permanent Catégories : Explorations, Nancy 0 commentaire Pin it!
  • Aucun contact humain direct / Without any direct human

    FRANÇAIS

    Salles informatiques. Solitude au milieu des autres. Chacun est seul. Des salles crûment éclairées ou au contraire obscures, où chacun pouvait, au milieu des autres, et dans leur chaleur, sans aucun contact humain direct avec eux, se plonger dans ses rêves.

    ENGLISH

    Computer rooms. Solitude among others. Everyone is alone. Rooms with harsh lighting or, conversely, dim lighting, where everyone could immerse themselves in their dreams, surrounded by others and their warmth, without any direct human contact with them.

    Lien permanent Catégories : Nancy, Souvenirs / Memories 0 commentaire Pin it!
  • Grisaille

    12814624623_3ee1ed215c_k.jpg

    « Tout n'est que syphilis. »

    « All is syphilis. »

    Lien permanent Catégories : Nancy, Photos 0 commentaire Pin it!