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La mer / The sea (1996)
FRANÇAIS
Seul dans mon studio, la nuit, comme au cours d'innombrables autres nuits qui dans mon esprit n'en forment qu'une seule et qui est interminable, je regarde à la télévision une femme aveugle. Elle est filmée de face, dans une chambre vide, et dans la pénombre. Elle sourit sans qu'on sache à qui ou à quoi ; elle parle de son amour de la mer, de ses rêves qui se passent au bord de la mer.
ENGLISH
Alone in my studio, at night, as in countless other nights that in my mind form a single, interminable night, I watch a blind woman on television. She's filmed from the front, in an empty room, in half-light. She's smiling, but we don't know who or what she's smiling at; she's talking about her love of the sea, about her dreams that take place by the sea.
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Profiteroles
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Vrai visage / True face
FRANÇAIS
Elle et moi marchons de nuit, à peu près seuls dans les rues. La place Stanislas est entièrement et étrangement vide, silencieuse. L'éclairage jaunâtre qui baigne tout m'évoque la maladie, la vieillesse et la mort ; elle est le vrai visage de Nancy, une fois les touristes envolés et les lumières des cafés éteintes. À l'angle de la rue Vaudémont et de la rue des Maréchaux : un immeuble d'un jaune vif, étrangement oriental avec ses fenêtres étroites et voutées. Une seule d'entre elles, au tout dernier étage, laisse voir de la lumière. Qui vit ici ? Elle me reproche de ne pas être réellement avec elle ; de me promener seul, à côté d'elle. C'est la très exacte vérité. Plus tard dans la soirée je la photographie, qui marche loin devant moi, ayant renoncé à vivre ce moment ensemble ; et c'est comme si je documentais par avance ce que seront sa vie et la mienne dans quelques mois.
ENGLISH
She and I walk at night, more or less alone in the streets. Place Stanislas is entirely – and strangely – empty, silent. The yellowish light that bathes everything makes me think of illness, old age, and death; it is the true face of Nancy, once the tourists have gone and the café lights have been turned off. At the corner of Rue Vaudémont and Rue des Maréchaux stands a building of vivid yellow, strangely oriental, with its narrow, arched windows. Only one of them, on the very top floor, shows any light. Who lives here? She reproaches me for not truly being with her – for walking alone, beside her. It is the exact truth. Later that evening, I photograph her as she walks far ahead of me, having given up on living this moment together; and it is as though I were documenting in advance what her life and mine will be in a few months’ time.
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Ruines



































